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Le Bionic bar de Strasbourg


Oriane Atüs Lab - 3 avril 2019 - 0 comments

C’est le mardi 25 mars 2019 qu’a été présentée la nouvelle acquisition de la Salamandre, l’illustre boîte de nuit strasbourgeoise : deux bras robotisés pour servir des cocktails et pour divertir la clientèle.

Un robot nommé Walter

La Salamandre, comme d’autres lieux de nuit à Strasbourg, connait elle aussi le désintéressement du public. Après la création éphémère d’un Ice Bar il y a deux ans, la nouvelle attraction prend la forme de bras articulés robotisés qui réalisent des cocktails à la demande. Et autant dire, que l’arrivée de ce robot a déjà fait couler beaucoup d’encre.

Walter, c’est le nom de ce robot développé par les italiens de Makr Shakr. Les bras de Walter viennent en complément du bar initial, et réalisent tout aussi bien des cocktails que des boissons type « on the rocks ». Lors de la soirée de mardi dernier, les commandes étaient passées via des tablettes tactiles installées devant le robot. La commande peut aussi se faire auprès des serveurs du traditionnel bar. À terme, une application mobile viendra compléter l’offre du Bionic bar.

Design et robot

Le Bionic bar n’est finalement pas un bar (architecturalement parlant) comme cela avait été laissé entendre, mais un corner dans la boîte de nuit strasbourgeoise.

L’apparition des clubs signe une architecture libre, qui s’affranchit des cloisonnement pour favoriser la technologie, la lumière et le son. Si on suit le raisonnement de l’architecture qui sert la technologie, on peut entrevoir une des raisons du désintéressement pour les boîtes de nuit. Avec l’évolution exponentielle des technologies actuelles, lorsqu’une discothèque « sort de terre », elle peut être déjà désuète. De plus, aujourd’hui, les designers se servent des codes du monde de la nuit, pour créer des pièces uniques pour nos intérieurs. Les deux mondes se fondent peu à peu.

On se doute bien que pour faire rêver il faut chercher toujours plus loin. Les clubs sont des lieux de loisirs avant tout et facilitent les rencontres au travers d’un espace où les cadres ont disparu.

Donc pour l’arrivée de Walter, le propriétaire a refait la déco. Murs noirs, mur de leds avec affichage du logo, fresque street-art de l’artiste Jaek El Diablo. Tout correspond parfaitement à l’ambiance des boîtes de nuit, à coup de néons et de lumières tamisées. Une boîte de nuit attire parce que justement elle amène quelque chose de différent. Un gros cube blanc et lumineux vient toutefois perturber cette ambiance calfeutrée. La pépite high-tech de Makr Shakr est positionnée à droite de l’entrée de la boite de nuit. Avant, à ce même endroit, se trouvait les vestiaires et l’espace fumeur (si mes souvenirs sont bons…). Le moins que l’on puisse dire, c’est que le Bionic bar détonne dans cet environnement dark et il attire le regard du client dès son entrée dans le club.

Gestion des flux ?

Se pose donc maintenant la question de sa place et comment gérer les flux transitoires autour et avec la machine ?

La machine réalise des cocktails en 60 secondes et dispose de deux bornes de commande. Imaginons une heure de grosse affluence le weekend. L’ambiance de boîte de nuit type c’est : danser comme on peut sur la piste, être assis à table et commander une bouteille, ou jouer des coudes au bar pour essayer d’avoir l’attention du serveur.

Avec Walter, on imagine deux hypothèses suivant les habitudes de consommation. Premièrement, il y a engorgement : la proximité entre les deux bars ne permet pas une bonne circulation, surtout au niveau de l’entrée/sortie. Les gens s’agglutinent en file d’attente autour des bars et créent une masse importante, bloquant la circulation. Malgré la rapidité du robot, les flux sont mal gérés.

Deuxièmement, on imagine une utilisation plus fluide. On part du principe qu’un « ordre » viendra se créer pour l’achat et la récupération des boissons, aidé entre autre par l’application mobile. Un équilibre se formera entre les consommateurs de cocktails, et les autres. La circulation autour de ces deux pôles se fera de manière naturelle et constante. Tout le monde peut se déplacer sans risquer de perdre la moitié de sa boisson au point de rencontre circulatoire. Le robot amène donc une nouvelle donnée dans l’équation, et va permettre de réguler d’une certaine manière les flux d’un espace « carrefour ».

Il faudra cependant attendre que l’effet de la nouveauté se dissipe pour voir émerger le modèle transitoire. La technologie du robot Walter saura-t-elle apporter la distraction attendue, sans lasser les gens ? Et surtout va-t-elle redonner envie de sortir aux Strasbourgeois ?

Et vous, que vous inspire Walter ?

LA SALAMANDRE / BIONIC BAR
3 Rue Paul Jeannet
67000 STRASBOURG

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